• Les cortals de Prats-Balaguer

    A cette époque de l'année, le petit village de Prats-Balaguer est d'habitude couvert de neige et, suspendu sur un petit plateau qui domine la vallée de la Tet, il ressemble à une carte postale de Noël. Rien de cela cette année, et nous allons profiter de cette météo particulièrement clémente pour aller visiter un site découvert cet été, à l'occasion du tour du Pic de Coucouroucouill: les cortals de Machouma.

    Un cortal vu depuis l'aire de la Matte (Août 2015)

     

     

     

     

    Vers 10h30, nous quittons le village, encore dans l'ombre, et nous engageons sur la piste qui se dirige vers l'Est.

    Les cortals de Prats-Balaguer

     

    Après environ 2 km en belvédère sur la vallée et après avoir traversé le torrent de l'Aigue, nous rencontrons sur la droite l'amorce d'un sentier qui, par une rude ascension, va nous mener au premier cortal, perché sur un éperon rocheux et entouré de faixes (en Provence, on dirait des restanques) et de quelques annexes pastorales

    Les cortals de Prats-BalaguerLes cortals de Prats-Balaguer

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Après une pause réparatrice, nous continuons l'ascension pour découvrir le second cortal, dont le pilier central est en meilleur état. Environ 100m au Sud, à peu près au même niveau, nous trouvons enfin le troisième, plus grand et cette fois le pilier central est remplacé par une  tour ajourée.

    Les cortals de Prats-BalaguerLes cortals de Prats-Balaguer

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ces trois cortals (Un cortal est un abri pour le bétail) sont des constructions en tous points remarquables et originales. D'une part ils sont parfaitement circulaires, ce qui est exceptionnel. Leur taille (5 à 8m de diamètre intérieur au sol)  fait qu'ils ne peuvent pas être couverts par une voûte simple en encorbellement, comme la plupart des petites cabanes en  pierres sèches (souvent désignées comme des orrys, même s'il semble que ce ne soit pas le terme propre) que l'on rencontre couramment dans la région. D'où la présence des piliers ou tour centraux. Mais, bien que les murs soient en encorbellement, comme si l'édifice devait être voûté, on ne trouve pas à l'intérieur de restes significatifs d'une voûte qui se serait effondrée et la partie supérieure des murs est à peu près de niveau. Cela suggère plutôt un toit de branchages ou autre reposant sur une enrayure de chevrons. Enfin, ils sont bâtis avec grand soin: manifestement, de nombreuses pierres ont été taillées : celles qui constituent les piliers centraux, les linteaux et les bordures des ouvertures,.... On ne peut qu'être impressionnés par l'importance du travail réalisé (chaque cortal doit contenir plusieurs centaines de tonnes de pierres) et la force de la motivation qui a amené à construire de tels édifices dans un environnement certes splendide, mais pour le moins malcommode en raison de sa forte pente,  sans parler de l'altitude et de la rudesse du climat.

    Après un agréable pique-nique au soleil près du second cortal, nous entamons le retour par la piste qui passe tout près et qui nous ramène au départ du sentier, puis au village. Au final, un peu moins de 7 km et 300 m de dénivelé pour cette promenade exceptionnelle par la beauté de ses paysages et sa richesse patrimoniale.

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    J'avais pensé qu'il serait difficile de trouver une fleur du jour en plein hiver à 1400 m d'altitude. Et bien non, le long du chemin nous avons rencontré un grand nombre de pieds d'hellébore fétide (Helleborus foetidus, famille des renonculacées), qui conservent leurs feuilles l'hiver et dont il arrive même que la floraison perce sous la neige.

    Hellébore fétide

     

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