• Vergio, Catamalzi, Radule

    Une fête familiale nous ayant amenés récemment en Corse, nous avons profité de la prolongation du beau temps pour y faire quelques randonnées. La première a pour but la pozzine de Catamalzi, que nous avons visitée il y a une dizaine d'années au retour d'une plus longue course vers les pointes de Cricche et de Cuccula. Le site nous est apparu exceptionnel et nous avons depuis l'envie d'y retourner. C'est l'occasion.

    C'est déjà une belle promenade que de rejoindre en voiture le Col de Vergio en montant dans la forêt d'Aïtone, avec ses immenses pins laricios et ses hêtres aux feuilles rougies par l'automne.

    Vergio, Catamalzi, Radule

    Rappel : passer le pointeur sur les images pour voir les légendes. Cliquer sur les images pour les agrandir

     

    Derrière la statue qui "orne" le col, on part vers le Nord sur un sentier qui se dirige vers l'arête qui conduit à la pointe de Cricche. Le sentier longe une clôture qui protège un périmètre où deux agents de l'ONF sont en train de planter de jeunes hêtres pour entretenir la forêt.

    En quittant le Col de VergioLa zone où sont plantés les hêtres

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il faut rapidement quitter ce sentier vers la droite pour rester en balcon sur le Niolo. Quelques cairns nous aident à trouver une trace peu marquée qui, à peu près de niveau, va nous conduire à la pozzine.

    Vue vers l'Est et le Niolo. On devine le lac de barrrage de Calacuccia.Vue vers le Sud. Derrière la Bocca a Stazzona, il y a le lac de Nino et la vallée du Tavignano. Au loin, on devine la chaîne du Lombarduccio qui domine la vallée de la Restonica.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sur le sentier. Au fond, Paglia Orba et le Capu Tafonatu.Le sentier domine une forêt de bouleaux parés des couleurs d'automne.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La pozzine de Catamalzi est le reste d'un lac glaciaire comblé par l'érosion. C'est une tourbière où, en saison humide, serpente un ruisseau entre des trous d'eau (les "pozzi", les "puits"). La moraine frontale de l'ancien glacier la délimite vers l'Est. Vers l'Ouest la vallée autrefois occupée par le glacier, en forme de U caractéristique de ce type de relief, est couverte de dalles lisses et pentues. Par temps sec, leur bonne adhérence permet de les descendre comme nous l'avions fait en revenant de la Pointe de Cricche (voir ICI le reportage de G.W. sur ce trajet qu'il a effectué quelques années plus tard).

    Le sentier escalade la moraine pour atteindre la pozzineLa pozzine, sans une goutte d'eau.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La vallée de l'ancien glacierLa moraine frontale est couverte de génévriers

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les restes d'une bergerieSur la pozzine, vers le Sud-Est

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mon intention est de continuer la balade jusqu'aux bergeries de Radule et plutôt que de descendre "au mieux" sur la moraine pour rejoindre une cinquantaine de mètres plus bas le sentier direct Vergio-Radule, nous décidons de suivre une ligne de cairns qui, du coin Nord-Est de la pozzine, part à flanc vers le Nord. Il n'y a pas de sentier, il faut faire son itinéraire de cairn en cairn sur un terrain accidenté, il faut parfois "mettre les mains" mais l'exercice est assez ludique et la vue exceptionnelle. A la traversée d'un ravin, nous sommes tentés de prendre ce qui nous semble un raccourci mais nous sommes rappelés à l'ordre et aux cairns par une vasque profonde et un bosquet d'aulnes touffus qui nous empêchent de continuer.

    Le trajet vers le pin mort (cercle jaune) où commence la descente Panorama sur la forêt de Valdo-Niello

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Arrivés près d'un pin mort facile à repérer, nous dominons les bergeries depuis le sommet d'une paroi qui semble verticale. Mais heureusement, un cheminement praticable est jalonné par des cairns et permet une descente qui, à défaut d'être facile, est possible tout en demandant pas mal d'attention.

    Au début de la descenteSur la paroi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un passage où il faut faire attentionEt voilà, c'est fini... jusqu'au prochain

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On approcheEt voici les bergeries

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Restes d'enclos au dessus des bergeriesLa paroi que nous venons de descendre depuis le pin entouré du cercle jaune

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une petite plate-forme près des bergeries abrite notre pique-nique. Avec la sécheresse, la cascade de Radule n'est que l'ombre d'elle-même et nous renonçons à nous en approcher ( à une autre saison, nous serions allés contempler de près son imposant panache argenté) et nous entamons le retour par le GR20, peu fréquenté en ce moment (nous avons néanmoins rencontré quelques randonneurs -dont un sympathique basque solitaire- qui peuvent utiliser une partie des refuges -non gardés- pour dormir à l'abri). 

    Les bergeries de Radule depuis notre coin de pique-niqueAu fond, la "cascade" de Radule, pratiquement tarie

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Zoom sur la cascade et sa vasque (cercle jaune)Sur le GR20

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Au mileu des bouleaux

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un pin laricio imposantZoom sur le lac de Calacuccia, avant de rejoindre le col de Vergio

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A travers une forêt de bouleaux parsemée de pins laricios imposants, nous atteignons le sentier balisé en jaune qui quitte le GR et nous ramène au col de Vergio après une courte, mais superbe balade d'un peu plus de 5km et de 250m de dénivelé.  

    Attention: la partie entre la pozzine et les bergeries demande une pratique sûre du hors sentier. Le terrain est très accidenté et cette variante est absolument à éviter par temps de pluie et/ou de brouillard.

    Dans la paroi que nous avons descendue, nous avons eu la belle surprise de trouver des immortelles des frimas (Helichrysum frigidum, famille des astéracées) encore en pleine floraison (qui, normalement, arrive en été). C'est une plante protégée, endémique de la Corse, qu'on trouve dans les fissures des rochers en haute altitude. Ses feuilles sont imbriquées, courtes, étroites, argentées, tomenteuses sur leurs deux faces. Ce ne sont pas des pétales, mais des bractées d'un blanc éclatant qui entourent des capitules beaucoup plus petits.

    Immortelles des frimasImmortelles des frimas

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 6 Novembre à 09:23
    Corse sauvage

    Bonjour Pierre,

    Bravo pour ce retour en Corse et ce parcours peu connu des "pozzi" de Catamalzi.

    J'ai l'impression que ton nouveau genou te permet de faire tout de même des randonnées très sportives, ce qui est bon à savoir pour quelqu'un comme moi qui s'approche de plus en plus de la prothèse !

    La prochaine fois, n'hésitez pas à descendre à Sainte-Lucie et à venir nous visiter.
    Dorénavant, la vallée du Cavu et les massifs Punta Bunifazinca et San Martinu sont un peu plus accueillants pour les randonneurs, même s'il n'y a toujours aucun itinéraire du secteur indiqué dans les guides de randonnée et canyoning  insulaires (sauf un dans le guide 2017 de JP. Quilici).
    Nous avons créé 7 parcours de randonnée de 1 à 3h de marche dans la basse vallée et sommes en train de terminer,  dans les moyenne et haute vallée, la restauration des anciens sentiers de transhumance vers Zonza par le Castedducciu et Paliri par le Monte Bracciutu, ainsi que l'extraordinaire chemin d'exploitation du Carciara qui permet d'aller visiter la brèche spectaculaire sans avoir à faire du ravinisme...

    Bref, une vallée ignorée de la Corse que l'on peut enfin découvrir relativement facilement ! glasses (Détails sur Le site de l'association)

      • Lundi 6 Novembre à 12:07

        Bonjour Philippe,

          Je connais, Corse Sauvage et François aidant, le travail remarquable réalisé par l'APB, Les sentiers de transhumance m'ont toujours fait rêver (j'ai par le passé fait une bonne partie de celui qui relie le Fango au Niolo) et ce sera avec plaisir qu'à une prochaine occasion nous essaierons de venir découvrir ceux du Cavu.

          En ce qui concerne Catamalzi, ç'a été un vrai bonheur de parcourir cet itinéraire sur lequel,  avec deux genoux désormais refaits, j'ai brièvement retrouvé les sensations de nos anciennes balades.

        Bien cordialement

        Pierre

         

      • Lundi 6 Novembre à 19:17
        Corse sauvage

        Ah oui, c'est vrai, ce sont les deux genoux que tu t'es fait refaire ! Et bien bravo pour cette résurrection...

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    François
    Lundi 6 Novembre à 14:24

    Magnifique! Cela me conforte dans l'idée qu'il nous reste quelques randonnées dans ce coin, et que nous irons encore une fois l'an prochain rôder aux environs  de Calacucia, et peut-être pousser jusqu'à Ste Lucie pour emprunter ces nouveaux sentiers de transhumance, d'autant que les participants aux operata d'APB semblent particulièrement motivés et efficaces...

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